Exposition Alex Bloc « Rivage », jusqu’au 28 décembre.
Debout sur le tapis à motifs du studio, jambes croisées comme pour se retenir de poser, la jeune fille sourit à peine sous sa coupe afro. Polo sombre, short blanc, sandales plates : rien d'emprunté, aucun accessoire, seulement le rideau sombre du studio Volta Photo de Bobo-Dioulasso et cette gêne gracieuse qui donne son titre à l'image. Toute la délicatesse de Sanlé Sory tient là : son Rolleiflex 6×6, jamais recadré, laisse à chacun le portrait qu'il est prêt à donner.
L'exposition Generation Volta, à la Sakana Gallery de Donostia du 1er août au 26 septembre 2026, a présenté ce tirage en édition limitée : exemplaire 5 sur 8, digigraphie sur papier Hahnemühle Photo Rag Baryta 315 g, image 36 × 36 cm, encadrement musée et verre musée. Une photographie noir et blanc signée d'un maître de la photographie africaine, redécouvert en 2011 et conservé au MoMA, à l'Art Institute of Chicago, au V&A et au LACMA.
Un short blanc, les jambes croisées, un sourire retenu : le portrait intime prolonge la grande tradition de la photographie de studio ouest-africaine des indépendances. Sanlé Sory appartient à la lignée de Seydou Keïta et de Malick Sidibé, mais il travaille à Bobo-Dioulasso plutôt que dans une capitale. Cette singularité a depuis fait entrer son œuvre au MoMA et à l'Art Institute of Chicago, qui lui a consacré une exposition personnelle en 2018.
Toutes les œuvres de Sanlé Sory · Catalogue de l'exposition (PDF) · La monographie Phaidon (précommande) · Les affiches de l'exposition